Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
379
Einzelbild herunterladen
 

ÉCOLE MYSTIQUE.

379

mettait la main à loeuvre sans avoir imploré labénédiction du ciel, et quand la voix intérieure luidisait que sa prière avait été exaucée, il ne se croyaitplus en droit de rien changer au produit de linspi-ration qui lui était venue den haut, persuadé quencela comme dans tout le reste il nétait que J'ins-trument de la volonté de Dieu. Toutes les foisquil peignait Jésus-Christ sur la croix, les larmeslui coulaient des yeux avec autant dahondance quesil eût assisté à cette dernière scène de la passionsur le Calvaire, et cest à cette sympathie si réelle etsi profonde quil faut attribuer lexpression si pa-thétique quil a su donner aux divers personnagestémoins du crucifiement, ou de la descente decroix, ou de la déposition dans le tombeau.

Le pinceau de Fra Angelico venait de créer desmerveilles qui ne devaient jamais être surpassées nimême égalées, malgré les progrès techniques dessiècles suivants. Mais il ne faut pas oublier quecette fleur avait eu besoin, pour sépanouir, dêtretransplantée pour un temps sur le sol Ombrien.Aussi verrons-nous le plus digne de ses élèves cher-cher dans les mêmes régions des inspirations ana-logues à celles de son maître.

Une sorte de fatalité semble avoir poursuivi lestableaux du petit nombre de disciples que fra Ange-lico avait laissés à Florence. Lun deux, nomméZanobi Strozzi, avait, selon Vasari, rempli tonie laville de ses ouvrages. On en trouvait dans les églises,chez les particuliers et surtout dans les couvents,