Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
270
Einzelbild herunterladen
 

270

l’art chrétien.

lapins grande part de responsabilité dans le nau-frage que fit son âme au terme de son pèlerinageterrestre? Pour répondre équitablement à cette ques-tion, il faut se rappeler les diverses influences aux-quelles il fut soumis, les grandes luttes dont il futtémoin et probablement témoin passionné, les ini-quités qui révoltèrent sa conscience, et, par suite,les ténèbres qui l’obscurcirent. S’il y avait eu unparfait équilibre entre ses facultés, il aurait été, sansdoute plus énergique dans sa réaction, et mieux dé-fendu contre les tentations qui le troublèrent ; maiscomme l’imagination était sa faculté dominante, etque la vérité ne se reflétait pleinement pour lui quedans un seul miroir, celui de l’idéal, ce miroir unefois brisé, il lui arriva ce qui est arrivé à d’autresâmes auxquelles il n’a manqué, pour être des âmesd’élite, que d’avoir d’autres spectacles et d’autresacteurs sous les yeux. Pour se convaincre que Pé-rugin était fait pour aimer et pour croire, il suffitde regarder les œuvres de ses beaux jours. Un som-bre nuage, en apparence immobile, se plaça entrelui et le soleil de son intelligence. Il se persuada quec’était une éclipse éternelle, et il ne leva plus latête, pour voir si le nuage était passé !