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l’art chrétien.
importantes que le furent l’école Milanaise et l’é-cole Ombrienne. On comprend encore moins qu’ilait été si prodigue, envers Pérugin, d’accusationsdéshonorantes, et que, non content de faire planersur sa vie tout entière le soupçon d’impiété, ilait poussé le dénigrement, ou plutôt l’acharne-ment, jusqu’à le représenter comme un avare, àqui le hideux fantôme de la pauvreté faisait braverla faim, le froid, la fatigue, et même la honte (ijjcomme un vil spéculateur, qui mettait toute sonespérance dans les biens de la fortune , et qui au-rait été capable de tout pour de V argent ( 2 ).
Cette hostilité brutale contre la mémoire de Pé-rugin avait sa source dans des antipathies invé-térées qui remontaient à l’époque de son premierséjour à Florence, antipathies nourries et propagéespar les admirateurs exclusifs de Michel-Ange (3), etrenforcées plus tard par un tort irrémissible, celuide n’avoir pas voulu fournir son contingent deportraits au musée de Paul Jove, ce dispensateurvénal de la gloire et de la calomnie, cet historienà la fois impudent et mercenaire, dont la plu-part des princes et des artistes flattaient bassement
(I ) Non si curà mai di freddo, di famé, di fatica, ne di vergogna.Vasari, Vila di Perugino.
(2) Vasari, ibid.
(3) Il y avait eu d’assez fréquentes querelles entre Michel-Ange etPérugin, qui l’assigna un jour à comparaître devant le tribunal desHuit, pour avoir dit qu’il était Goffo nelV arte, injure pour laquellePérugin crut devoir exiger une réparalion, que du reste il n’obtintpas. Id., ibid.