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l’art chrétien .
aussi bien démontrée, il n’y aurait pins d’incerti-tude sur la place qu’il convient d’assigner à Buon-figli dans la série des peintres Ombriens; mais jene puis m’empêcher d’y reconnaître le pinceau à lalois pur et gracieux de Giovanni Boccati da Came-rino, son contemporain et peut-être aussi son rival;car, venu à Pérouse en 1444 ? avec U1)e réputationdéjà faite, il avait été presque immédiatement gra-tifié du droit de bourgeoisie, et chargé de peindrel’image de la Vierge pour la confrérie de Saint-Do-minique, tâche dont il s’accpiitta mieux que n’auraitpu le faire Buonfigli, dont l'imagination paraît avoirété peu familiarisée avec l’idéalisme qui caractérisel’école Ombrienne; car nous savons qu’ayant étéchargé de peindre une composition dans laquelleil s’agissait de représenter l’Adoration des mages, ilavait mis les portraits de sa soeur, de son neveu etde son frère, pour figurer la Vierge, l’Enfant-Jésuset le plus jeune des trois rois (i).
Si donc Pérugin apprit quelque chose de lui, cene fut assurément pas la partie poétique de son art,et les éloges outrés du biographe Pascoli, qui si-gnale Buonfigli à ses lecteurs comme la premièreaurore du bon goût moderne ( 2 ), prouvent seulementqu’il faut se défier des illusions du patriotismelocal. Pour initier le maître de Ilaphaël aux mystèresde l’idéalisme, il y avait, outre les aspirations se-
(t) Guida di Pcrugia di C. Costantini, p. 65.
(2) Il primo che abbia cominciato a dure qualche lume al modernobuon gusto.