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l’art chrétien.
et ingratitude à ne pas lui assigner une des placesles plus éminentes dans l’iiistoire de l’art chrétien,non-seulement comme producteur de chefs-d’œuvredevant lesquels la critique a fini par se taire, maisaussi comme organisateur définitif d’une école dontles traditions, bien que parfaitement homogènes,étaient, pour ainsi dire, éparses, et avaient besoind’un puissant génie pour les concentrer dans unmême foyer.
Les plus anciennes de ces traditions remontaientaux peintres Siennois qui avaient cherché un asileà Pérouse pendant les troubles de leur patrie. Undemi-siècle plus tard, Fra Angelico était venu dépo-ser, dans le couvent de Saint-Dominique, une desplus suaves productions de son céleste pinceau. Be-nozzo Gozzoli avait apporté des tendances analo*»gués, bien qu’un peu affaiblies. Des influences dumême genre étaient venues de Gubbio par Gentile daFabriano, et l’attraction réciproque en vertu de la-quelle tous ces rayons, partis de points divers, de-vaient former enfin un faisceau si lumineux, n’avaitété troublée par l’intrusion d’aucun élément hétéro-gène. Pas un seul des peintres naturalistes qui fai-saient les délices des Médicis, ne fut appelé, malgréles qualités si attrayantes de leurs pinceaux, à déco-rer les églises ou les palais de Pérouse ; de sorte quePérugin eut l’immense avantage de trouver l’unitéd’inspirations dans la variété des produits qui du-rent faire la matière de ses premières études.
Parmi les artistes Ombriens qu’on peut appeler