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l’art chrétien.
fièrement dans la coiffure, quelque chose qui rap-pelle celle qu’il avait sous les yeux dans la maisonpaternelle, et qui était, selon toute apparence, leportrait funèbre de sa mère; je dis funèbre, parceque je le crois tracé après sa mort, et parce qu’àtravers la retouche barbare qu’il a subie, on aper-çoit, outre des caractères frappants d’individualité,l’empreinte d’une profonde mélancolie, que Gio-vanni Santi ne mit jamais dans ses Madones. Cettechère image, inaugurée par lui dans le sanctuairedomestique, quand son pinceau avait acquis toutesa suavité, serait intéressante à double titre, s’ils’était moins pressé de remplir le vide que la pertepresque simultanée de sa mère, de sa femme et d’unepetite fille en bas âge ( 14 ^ 9 1 ) avait laissé dans soncœur et dans sa maison. C’était sous l’impression deces rapides vicissitudes qu’il exécutait son dernierchef-d’œuvre de Cagli, et qu’il y mettait, pour ladernière fois, avec les attributs d’un messager cé-leste, ce fils bien-aimé, l’ange de sa famille et deses tableaux, bientôt doublement orphelin, et quine devait pas tardera justifier, par la qualité de sesœuvres, ce nom de Raphaël qu’on dirait lui avoirété donné au baptême par une sorte de pressen-timent prophétique.
Mais ce n’est pas à Urbin que cette plante estdestinée à fleurir. Tout a changé dans ce malheu-reux duché depuis la mort de Frédéric. Le momentapproche ou 1 infâme César Borgia viendra y étalerses scandales et arracher Elisabetta Feltria du cloître