ÉCOLE OMBRIENNE.
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sans peine qu’en combattant sous ses ordres, ilscombattaient pour Dieu même. De là des habitudesde désintéressement et de dévouement, bien oppo-sées à celles que contractaient leurs voisins de Flo-rence, dans leurs expéditions contre les villes cpi’ilsvoulaient assujettir et exploiter.
Ce contraste dans les préoccupations des deuxpeuples et dans les mobiles de leurs actions, se re-trouvait dans leurs caractères respectifs, même àl’époque où les lumières de la renaissance avaient:pénétré partout, c’est-à-dire bien avant dans le xvl°siècle. Il y avait alors à Urbin un noble Vénitien,nommé Badoër, qui, rendant compte à sa répu-blique de ce qui avait plus particulièrement frappéses regards, disait que, dans tout le duché, la reli-gion de l’honneur était professée et pratiquée par lessimples paysans comme elle l’était ailleurs par lesgentilshommes, et que les candidats au service mi-litaire n’étaient admis qu’après avoir prouvé queleurs noms étaient sans tache (i). Ce rapport étaitécrit vers i5yo, du temps même de Côme de Mé-dias, quand les notions d’honneur, de justice etde liberté étaient presque entièrement effacées desâmes et de la mémoire des Florentins.
On comprend que les artistes produits et nourrispar un pareil sol se soient distingués par certainesqualités qui pouvaient compenser, jusqu’à un cer-tain point, l’infériorité relative de leurs procédés
(1) Voir l’Histoire des ducs d’Urbin, par Ugolini, vol. II, p. 3-2b-330.