Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
146
Einzelbild herunterladen
 

146

i.art chrétien.

sous ses auspices, et la prose du cardinal Bibbiena,jouée devant ses yeux, et voir de près les peinturespaïennes qui furent alors tracées, pour la premièrefois, sur les murs du Vatican (i); il faut ne pa soublier comment fut accueillie loffre patriotiquefaite par Michel-Ange, délever un monument à lamémoire de Dante ( 2 ), et comment on se joua dela crédulité des bonnes âmes, en détournant, auprolit de calculs purement dynastiques, des sommeslevées pour une prétendue croisade (3). Il faut pé-nétrer, à laide des documents contemporains, dansles dédales de cette politique astucieuse qui préparatant de malheurs à lItalie et à la chrétienté toutentière ; ou, pour abréger toutes ces opérations, ilfaut sarrêter, avec une entière indépendance des-prit, devant le portrait que Raphaël a tracé de cetrop fameux personnage, à lapogée de sa puissanceet de sa gloire; et quand on aura examiné, danstous ses détails, ce chef-dœuvre lartiste sembleavoir voulu avant tout être vrai, on finira parsoupçonner, sur le témoignage même de cette figure

(1) Je veux parler des peintures de la chambre de bain qui setrouve dans létage supérieur du palais du Vatican.

(2) Loffre de Michel-Ange fut faite immédiatement après l'avéne-ment de Léon X qui, pour toute réponse, lenvoya travailler auxtombeaux de Laurent et Julien de Médicis, dans la fameuse sacristiede San-Lorenzo.

(3) C était à loccasion du mariage de Laurent de Médicis, ducdUrbin, avec Madeleine de La Tour. Léon X abandonna au roi deFrance les contributions perçues dans le royaume pour la croisadequon prêchait alors contre les Turcs.