LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTÉ.
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à sa mission. Aussi, voyez avec quel merveilleuxinstinct elle s’approprie tous les progrès et toutesles découvertes qui se succèdent si rapidement dansle cours du xv c siècle! Si Gentile da Fabriano, lepeintre des naïves et saintes inspirations, est appeléà Rome pour décorer la basilique de Saint-Jean deLatran, on lui donne pour collaborateur Masaccioet Victor Pisanello, c’est-à-dire les deux artistes lesplus éminents dans la direction opposée; et, quandNicolas V fait venir auprès de lui Fra Angelico daFiesole, il fait venir en même temps Léon-BaptisteAlberti et Piero délia Francesca. Le même équilibreest maintenu sous Sixte IV, qui fait travailler en-semble, dans la chapelle Sixtine, Pérugin à cotéde Luea Signorelli, et sous Innocent VIII, qui faitconcourir le suave Pinturicchio et le profond Man-tegna à la décoration du Vatican. Enfin, l’une etl’autre de ces deux tendances trouvent, sous le pon-tificat de Jules II, leur plus haute et leur plus par-faite expression dans les travaux simultanés de Ra-phaël et de Michel-Ange.
On me demandera naturellement pourquoi jem’arrête à cette limite arbitraire, et pourquoi je neplace pas en perspective, au terme de cette sériede développements, la figure radieuse de Léon X?Il est vrai qu’il ne laissa languir ni les lettres niles arts; mais, si on veut savoir dans quel esprit futexercé son patronage, il faut se rappeler les pompesmythologiques qui furent déployées à son couron-nement, il faut lire les vers de l’Arioste, publiésn. 4 0