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2 (1861)
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lart chrétien.

dente et fougueuse comme celle de Jules II, et loncomprend quavec son peu d intelligence du côtémystique de lart, il se soit efforcé de transformer ledisciple de Pérugin en un disciple de Michel-Ange.On connaît le résultat de cette transformation. Aprèsêtre resté fidèle à sa manière Ombrienne dans lesfresques de la salle de la Segnatitra, il put, au boutde trois ans, combler le voeu de son patron, vœuqui était aussi devenu tacitement le sien, et les pein-tures de la salle dIIéliodore vinrent prouver queRaphaël pouvait faire avec avantage des excursionssur le terrain de son rival, sans que ce dernier pûtuser envers lui de représailles. Il fallait que le Pon-tife attachât une grande importance à cette conver-sion, en partie son ouvrage, puisque, un an aprèsquelle eut été rendue publique, il la constatait,comme un fait heureusement accompli, dans uneconversation curieuse avec le peintre Vénitien Sébas-tien del Piombo, qui devait lui-même se laisser con-quérir à son tour. « Voyez, lui disait-il, les oeuvresde Raphaël, qui neut pas plutôt connu la manièrede Michel-Ange quil renonça aussitôt à celle dePérugin, pour se rapprocher, autant que possible,de celle de son nouveau modèle; mais, ajoutait-il,vous voyez comme ce Michel-Ange est terrible, etcomme il est impossible de traiter avec lui (i). »Cet entretien avait lieu quelques mois seulement

(1) Cette lettre se trouve dans le recueil de Gaye. Carleggio àie-dito, etc., Append. 5, p. 487.