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2 (1861)
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LA EEXAISSANCE ET LA PAPAUTÉ. 135

sous forme de brefs et le disputant à sa ville natalecomme il aurait disputé une place forte ou une minedor qui lui aurait fourni les moyens denrichir oudembellir sa capitale.

Quelque bonne opinion quon puisse avoir delesprit de Jules II, il est difficile de supposer quilait soupçonné davance le parti quil allait tirerde cette précieuse conquête. Il pouvait savoir queMichel-Ange était le plus grand sculpteur de sontemps et même le fondateur dune nouvelle école,et cétait pour cela quil le chargeait de lui faire untombeau qui devait surpasser tout ce que le moyenâge et la renaissance avaient produit de plus gran-diose en fait de sculpture sépulcrale; mais commentpouvait-il deviner les facultés encore latentes de cemystérieux artiste qui navait pas exercé son ciseausur les sujets il devait rester sans rival? Commentsurtout pouvait-il deviner quen lui mettant, pourainsi dire, de force et sans apprentissage préalable,un pinceau dans la main, il lui ferait produire, dansla sphère la plus sublime de lart chrétien, cest-à-dire dans celle des grandes représentations bibli-ques, des chefs-dœuvre qui nont cessé de faire, jene dis pas ladmiration, mais la stupéfaction de tousceux qui les ont véritablement compris ? On voitque je veux parler ici de la statue de Moïse et desfigures de sibylles et de prophètes qui sont tracéessur la voûte de la chapelle Sixtine.

Les peintures de Raphaël devaient naturellementavoir moins de charmes pour une imagination ar-