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l’art CHRÉTIEN.
plus scrupuleux, et quand le voluptueux Laurent,contemporain de Paul II et de Sixte IV, vint recueil-lir le fruit de la politique de ses ancêtres, il trouvadans Florence tout ce qui peut donner du charme àl’exercice du souverain pouvoir et tout ce qui peutdédommager un peuple de sa servitude. Les lettresy étaient cultivées, sans cjue cette culture eût riend’inquiétant pour celui cpii gouvernait et qui étaitlui-même un littérateur joyeux. Quant aux arts, sil’impulsion qu’ils avaient reçue, dans la premièremoitié du siècle, du génie de trois ou quatre grandshommes, s’était un peu ralentie, l’école Florentinen’en était pas moins la reine de toutes les autresécoles, et Rome elle-même avait été obligée de s’enreconnaître tributaire.
Or, le moment était venu de secouer ce jougimposé par les circonstances. Il se trouvait encore,parmi les artistes Florentins, quelques âmes d’élitequi comprenaient les aspirations idéales de leursdevanciers, et qui pouvaient continuer, plus oumoins heureusement, dans la capitale du mondechrétien, l’œuvre interrompue de Fra Angelico daFiesole. Mais il y avait une autre ressource quin’existait pas encore du temps de Nicolas Y et dePie II ; c’est qu’une école nouvelle, imbue des tra-ditions les plus pures, et puisant ses inspirations àla meilleure source, s’était formée dans les Étatsmêmes du Saint-Siège, non loin de ce sanctuaired’Assise qui joue un si grand rôle dans l’histoire de1 art chrétien. Cette école, dont nous parierons