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2 (1861)
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lart CHRÉTIEN.

plus scrupuleux, et quand le voluptueux Laurent,contemporain de Paul II et de Sixte IV, vint recueil-lir le fruit de la politique de ses ancêtres, il trouvadans Florence tout ce qui peut donner du charme àlexercice du souverain pouvoir et tout ce qui peutdédommager un peuple de sa servitude. Les lettresy étaient cultivées, sans cjue cette culture eût riendinquiétant pour celui cpii gouvernait et qui étaitlui-même un littérateur joyeux. Quant aux arts, silimpulsion quils avaient reçue, dans la premièremoitié du siècle, du génie de trois ou quatre grandshommes, sétait un peu ralentie, lécole Florentinenen était pas moins la reine de toutes les autresécoles, et Rome elle-même avait été obligée de senreconnaître tributaire.

Or, le moment était venu de secouer ce jougimposé par les circonstances. Il se trouvait encore,parmi les artistes Florentins, quelques âmes délitequi comprenaient les aspirations idéales de leursdevanciers, et qui pouvaient continuer, plus oumoins heureusement, dans la capitale du mondechrétien, lœuvre interrompue de Fra Angelico daFiesole. Mais il y avait une autre ressource quinexistait pas encore du temps de Nicolas Y et dePie II ; cest quune école nouvelle, imbue des tra-ditions les plus pures, et puisant ses inspirations àla meilleure source, sétait formée dans les Étatsmêmes du Saint-Siège, non loin de ce sanctuairedAssise qui joue un si grand rôle dans lhistoire de1 art chrétien. Cette école, dont nous parierons