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l’art chrétien.
comme pour recevoir la bénédiction du pontife, etnous savons maintenant si cette bénédiction a fruc-tifié.
La translation du Saint-Siège à Avignon ne per-mit pas aux successeurs de Boniface VIII d’exercersur les produits de l’intelligence Italienne le degréd’influence qui est l’apanage nécessaire d’une auto-rité spirituelle, quelle qu’elle soit. Le grand schismed’Occident avait porté le désordre à son comble, etaucune ville ne s’en était ressentie autant que laville de Rome. Désolée par tous les genres de fléaux,tantôt successifs et tantôt simultanés', elle ne savaitmême pas porter avec dignité le deuil de son veu-vage, et les remèdes employés pour soulager sesmaux ne faisaient le plus souvent que les aggraver.Quand le pape Martin V y fit son entrée solennelleen 1420, il trouva les maisons en ruine, les templesécroulés, la plupart des rues désertes, et partoutl’aspect delà souffrance et de la pauvreté (i). L’idéede mettre un terme à tant de misères et de déblayertous ces décombres, pour préparer de loin, à côtédes monuments de l’ancienne Rome, les magnifi-cences de la Rome nouvelle, cette idée à la fois chré-tienne, patriotique et pontificale, fut la premièrequi entra dans son esprit, et la reconnaissance pu-blique décerna par anticipation, à celui qui l’avait
(1) Martinus Romani adeo desolatam invertit, ut nulla videretururbis faciès, nullum urbanitatis in eâ indicium, collabentibus domi-bus, collapsis tempüs, desertis vicis, solâ régnante rerum omniuminopiû. Pagi, Breviarium , etc., vol. IV, pag. 472.