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l’art CHRETIEN.
Quoique Ghirlandaïo ne se soit jamais éievé jus-qu’au sublime dans aucun genre de composition,il y a, dans la plupart de celles qu’il a laissées, uncharme auquel il est difficile de résister. En mêmetemps que l’œil est enchanté de son coloris si richeet toujours harmonieux, le goût est pleinementsatisfait, tant par l’ordonnance générale que par leparti qu’il sait tirer des moindres détails. Personnen’a usé aussi largement que lui de la permissionqu’on accordait alors aux peintres de placer dansleurs tableaux des portraits de personnages con-temporains ; mais aussi personne n’a su, mieux quelui, exprimer le caractère propre de chacun d’eux,et il réussissait également bien à rendre les figuresimposantes et les figures gracieuses. C’était un Na-turalisme qu’on pourrait appeler historique, et donton n’aurait pas de peine à l’absoudre, si, non con-tent de sacrifier, comme tant d’autres, à l’idole deson siècle, il n’avait pas aidé quelquefois à la placersur l’autel.
Ghirlandaïo fit son premier apprentissage commeorfèvre, et la vogue qu’il obtint pour les paruresd’argent dont les jeunes filles se couronnaient dansles jours de fête, prouve que, chez lui, la grâce etl’élégance étaient des qualités naturelles. Pour con-tre-balancer ce succès tout mondain, il en cultivaitun autre dont ses concitoyens ne lui savaient pasmoins de gré. Les petites images en argent, dont ladévotion des fidèles avait presque encombré laSainte-Chapelle, dans l’église de l’Annonciation,