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l’art chrétien.
sel, j’ajouterais dans l’histoire des lettres; car, outrele triomphe simultané du Paganisme, du Natura-lisme et même du Sensualisme dans la plupart desproduits de l’intelligence humaine, on avait encoreà déplorer les entraves que le culte trop exclusif del’antiquité classique avait mises au développementrégulier de la langue nationale (i).
Vers l’année 1480, quand l’école Florentine setrouva débarrassée des trois ou quatre peintres Na-turalistes que la faveur de la dynastie régnanteavait investis d’une autorité sans contrôle, il y eutun commencement de réaction, et cette réaction,grâce à des influences étrangères sur lesquelles onn’avait pas compté, devint, pour quelques-uns, unevéritable émancipation. Ce fut alors que le chef del’école Ombrienne vint mettre son pinceau mystiqueau service des couvents de Florence, et achever sonapprentissage à l’école d’André Yerocchio, avecdeux condisciples, auxquels il voua dès lors l’amitiéla plus tendre : c’étaient Léonard de Vinci et Lo-renzo di Credi, tous deux exclus, au même titreque lui, des bonnes grâces de Laurent le Magni-fique. Mais cette exclusion n’empêcha pas ce petitgroupe d’élus d’exercer une sourde influence surles artistes au milieu desquels il vivait, sans prétendreredresser en eux leurs mauvaises tendances. Le goûta aussi quelquefois ses remords, comme la cons-cience, et le beau, réfléchi dans un miroir fidèle,
(1) Voir Ugo Foscolo, Prose letterarie, vol. III, p. 65-67.