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l’art chrétien.
deviner, dans son état de mutilation, les merveillesqu’elle offrait aux yeux dans son état primitif; et,quand le regard avait tout mesuré et tout appro-fondi, le sens du tact, disait-il, y découvrait encoredes beautés nouvelles ( r). Enfin, la troisième de cesstatues avait été trouvée à Sienne, auprès du palaisMalavolti ; mais Ghiberti ne la connaissait que parun dessin d’Ambrogio Lorenzetti, auquel il dormede bon cœur la qualification de très-grand peintre.Celle-là portait le nom du fameux statuaire Ly-sippe, et elle en était digne parle travail exquis duciseau. Cet artiste était une des idoles de Ghiberti,et il ne mettait au-dessus de lui que Polyclète, dontil possédait lui-même, ou croyait posséder plusieursfragments, et dans lequel il vénérait, en outre, l’au-teur de ce fameux canon qui avait été jadis la règlesuprême de l’art dans les écoles, et qui fut plustard un sujet de méditations et presque de tour-ments pour Léonard de Vinci.
Cet enthousiasme, nourri par des études sé-rieuses, et entretenu par l’esprit du temps, inspiraparfois à Ghiberti des espèces de lamentations, dansle genre de celles de Jérémie, sur la ruine de l’an-cienne civilisation, dont la plus belle fleur était, àses yeux, la statuaire antique; et jugeant, à sonpoint de vue d’adorateur inconsolable, la guerre que
tait une statue d’Hermaphrodite. La tète y manquait; mais tout iereste était intact.
( I) lia moltissime dolcezze, le quali el viso non le comprcnde ...so.'o la mano a toccarla le trova.