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1 (1861)
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l’art chrétien.

montée d’une croix, de sorte que l’enthousiasmepour le sculpteur dut se confondre avec l’enthou-siasme pour le saint, dans le cœur et dans la mé-moire des Florentins.

Au reste, il n’y eut jamais dans l’histoire de larépublique, ni même dans celle de l’Italie tout en-tière, une époque aussi favorable à l’essor du géniechrétien dans la production des œuvres d’art, et ja-mais, par conséquent, il ne fut plus nécessaire detenir compte de l’influence exercée par les circons-tances extérieures. D’antiques traditions populairessurgissaient avec une force nouvelle, et Ghiberti,plus que personne, devait avoir sa part de l’ébran-lement qu’elles produisaient dans les âmes. D’autresspectacles, également propres à exalter et à affermirla foi, avaient passé successivement sous ses yeux.Dans l’intervalle qui s’écoula entre l’exécution de lapremière porte du baptistère et celle de la seconde,la ville de Florence, devenue pour un temps la ca-pitale du monde chrétien, par le séjour prolongéqu’y firent les papes Martin Y et Eugène IV, futle théâtre d’événements dont la portée fut immense,et aurait pu l’être bien davantage, si le père commundes fidèles avait trouvé, dans les Etats chrétiens,des enfants plus généreux et plus dociles. Ce fut àFlorence qu’on enregistra, pour ainsi dire, l’actemortuaire du grand schisme d’Occident, quandl’ex-pape Jean XXIII vint se prosterner humblementaux pieds de son successeur, et se rendit ainsi dignedu superbe monument que lui érigea Donatello