I.A RENAISSANCE ET LES MÉUICfS.
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fougue concentrée et le regard fixe et ferme exercentune sorte de fascination sur quiconque s’arrêtepour la contempler. Saint George est le type cheva-leresque par excellence, à la fois libérateur et mis-sionnaire, administrant le baptême après la déli-vrance, et ne soupirant après d’autres gloires niaprès d’autres couronnes que celle du martyre. l)elà, des différences essentielles entre les deux carac-tères. Le jeune David respire la jubilation de sarécente victoire; le saint George semble méditerou comprimer un élan, et sa main délicate et ferme,si admirablement dessinée sur son bouclier, com-plète l’idée que ses formes sveltes et élancéesdonnent de son organisation exquise. Rien ne seraitplus oiseux que la comparaison de ce chef-d’œuvreavec les statues antiques ; Donatello, qui en avait vuun si grand nombre, a eu le mérite de ne se lais-ser inspirer ni dominer par aucune réminiscence,dans la production de cette œuvre incomparable.Il a fait preuve de la même indépendance, sinondu même talent, dans l’exécution des statues desaint Marc et de saint Pierre qui décorent égale-ment l’extérieur de l’Oratoire d’Or-San-Michele.L’artiste n’a voulu abdiquer en rien son origi-nalité, pas plus dans les draperies que dans les types,qui du reste sont très-inférieurs à celui du saintGeorge. Outre les prophètes et les apôtres dontnous venons de parler, l’Écriture sainte avait four-ni à Donatello deux caractères merveilleusementappropriés à la hardiesse de ses conceptions, dans