Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
289
Einzelbild herunterladen
 

I.A RENAISSANCE ET LES MÉUICfS.

‘280

fougue concentrée et le regard fixe et ferme exercentune sorte de fascination sur quiconque s’arrêtepour la contempler. Saint George est le type cheva-leresque par excellence, à la fois libérateur et mis-sionnaire, administrant le baptême après la déli-vrance, et ne soupirant après d’autres gloires niaprès d’autres couronnes que celle du martyre. l)elà, des différences essentielles entre les deux carac-tères. Le jeune David respire la jubilation de sarécente victoire; le saint George semble méditerou comprimer un élan, et sa main délicate et ferme,si admirablement dessinée sur son bouclier, com-plète l’idée que ses formes sveltes et élancéesdonnent de son organisation exquise. Rien ne seraitplus oiseux que la comparaison de ce chef-d’œuvreavec les statues antiques ; Donatello, qui en avait vuun si grand nombre, a eu le mérite de ne se lais-ser inspirer ni dominer par aucune réminiscence,dans la production de cette œuvre incomparable.Il a fait preuve de la même indépendance, sinondu même talent, dans l’exécution des statues desaint Marc et de saint Pierre qui décorent égale-ment l’extérieur de l’Oratoire d’Or-San-Michele.L’artiste n’a voulu abdiquer en rien son origi-nalité, pas plus dans les draperies que dans les types,qui du reste sont très-inférieurs à celui du saintGeorge. Outre les prophètes et les apôtres dontnous venons de parler, l’Écriture sainte avait four-ni à Donatello deux caractères merveilleusementappropriés à la hardiesse de ses conceptions, dans