Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
288
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28S t.’art chrétien.

le nom de Zr/ccone, destinée à représenter le roiDavid (i).

Mais si David, dans sa vieillesse, n’eut, pas de prisesur l’imagination de Donatello, comme roi et commeprophète, il en fut tout autrement quand il posa de-vant lui comme berger naïf et intrépide, vainqueurdu géant Goliath. Ici l’artiste se trouvait dans sonélément, c’est-à-dire dans le domaine de l’idéal hé-roïque, mieux approprié qu’aucun autre à'ia fouguede son génie; aussi a-t-on peine à se défendre d’unsaisissement d’admiration en présence du chef-d’œuvre qu’on voit à la galerie des Uffi/.j, et qui réa-lise si bien l’idée qu’on se fait, d’après le récit bibli-que, du jeune berger transformé en triomphateur ( 2 ).

L’idée qui a produit la statue du jeune David nediffère pas beaucoup de celle qui a produit le saintGeorge. La seconde, à vrai dire, n’est autre choseque la première, portée à sa plus haute puissance.Dans l’une et dans l’autre, l’idéal héroïque estrelevé par son accessoire le plus charmant, je veuxdire par la naïveté de l’adolescence, qui paraît unpeu moins dans la ligure de saint George, dont la

(1) Les trois statues sont supposées être celles de David, de Jérémieet de saint Jean-Baptiste. Donatello, dit Yasari, jurait par son Zuc-cone, et l’apostrophait tout haut, comme pour se faire illusion àlui-même.

(2) Donatello fit une autre statue de David pour le palais Martelli;la pose et le caractère en sont moins héroïques. Ils le sont encoremoins dans le David en bronze qui est aux Uffizj : c'est une figure gra-cieuse, peu idéale, et qui n'a pour tout costume qu’un chapeau deberger sur la tète.