défection non moins flagrante que parmi les sculp-teurs, les architectes et les poètes. Ce germe de dé-cadence se développera lentement et presque invi-siblement, pendant que, sous d’autres rapports, lapeinture marchera rapidement vers sa perfection. Ilest donc important de ne pas perdre de vue ce dou-ble développement qui aura heu simultanément,en sens inverse, et qui éclaircira mieux qu’aucunethéorie les problèmes importants que nous auronsà résoudre plus tard.
La première période, celle qui commence par lesœuvres de Giotto, a été inaugurée parle grand ju-bilé de Boniface ’VllI, et préparée par l’enthousias-me religieux du xiu e siècle, enthousiasme dont lesdeux ordres mendiants, nouvellement fondés, fu-rent à la fois les promoteurs et les organes, La se-conde période, dans laquelle nous enti ons mainte-nant, fut préparée par des événements d’un autregenre, du moins en ce qui concerne l’école Floren-tine. A dater de l’année i38i, qui vit cesser le ré-gime de terreur sous lequel Florence avait courbéla tète pendant trois ans, il y eut près d’un demi-siècle de sage gouvernement, durant lequel la répu-blique fit les importantes acquisitions d’Arezzo, deLise, de Cortone, de Livourne et de Montepulciano.I/influence des Médicis se faisait déjà sentir, maissans trop alarmer ceux qui tenaient à la dignité dela patrie autant qu’à sa grandeur territoriale. Cedemi-siècle que Machiavel, dans son histoire, si-gnale, d’une manière spéciale, à l’attention de ses