174
l’art chrétien.
dont il orna le baldaquin du maitre-autel, dansl’église de Saint-Paul hors les murs.
Mais ce n’est pas sur les œuvres de son ciseauqu’est fondée la grande renommée d’Arnolfo,c’est surtout le souvenir des services qu’il a renduscomme architecte, qui lui a valu son immortalitéparmi les Florentins et parmi tous ceux qui visi-tent, même superficiellement, leur capitale. Lesprincipaux édifices civils et religieux portent, pourainsi dire, son nom écrit sur leurs frontispices. Onest obligé de se souvenir de lui, et sur la place duPalazzo Yecchio, et sur la place du Dôme, et sur cellede Santa-Croce, devant cette espèce de Panthéonnational, dont il ne faut pas le rendre responsable.
Sur ces trois monuments, il y en a un qui,malgré son irrégularité, peut-être à cause de sonirrégularité même, qui le rend d’autant plus pitto-resque (i), désarme ou plutôt prévient la critiquepar l’impression qu’il produit tout d’abord; c’estle Palais-Vieux, dont l’aspect sombre et grandioseest en parfaite harmonie avec les souvenirs qu’il re-trace, et convient, à certains égards, au caractèredu peuple pour lequel il fut fait. Il n’y a, danstoute l’Italie, que le palais communal de Gubbioqui puisse lui disputer la prééminence.
(I) Cette irrégularité vient des obstacles suscités par le fanatismedes Guelfes, qui ne voulurent pas qu’on bâtît sur le terrain desUberti, ni quon sacrifiât la tour dite délia Vacea. De là la formeirrégulière du palais.