l’art chrétien.
108
dont nous avons trouvé chaque fois le contre-coupdans l’histoire de l’art.
D’ailleurs, la priorité chronologique se réduit dé-sormais à un si petit nombre d’années, qu’on pour-rait, sans faire beaucoup de violence aux dates,regarder les deux écoles comme à peu près con-temporaines, et, à certains égards, comme deuxsœurs, ayant une origine commune, mais des di-versités frappantes dans leurs inspirations et dansleurs destinées respectives. Elles furent l’une etl’autre le produit de ce mouvement extraordinairequi se manifesta, d’un bout à l’autre de l’Italie,dans le cours du xm e siècle, et qui était le symp-tôme d’une floraison nouvelle dans le domaine del’imagination et dans toutes les branches de l’art,dont deux au moins, la sculpture et la peinture,étaient restées à peu près incultes, depuis que lacivilisation romaine avait été vaincue par les bar-ba res et répudiée, en grande partie, par le chris-tianisme.
L’architecture avait été la première à surgir dumilieu de ces ruines, sans que cette résurrectioneût besoin d'être aidée par les monuments antiquesqui restaient encore debout, car le génie chrétienne montra pas moins d’élégance et de grandeurdans les pays privés de modèles classiques, que dansceux qui étaient jonchés ou ornés de leurs débris.A Ilome même, en présence des basiliques et destemples, moins ruinés qu’ils ne le sont aujour-d hui, on avait bâti des églises et des couvents d’un