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l’art chkltikn.
saisissante, originale et même poétique à sa manière ;le contraste entre les anges fidèles qui rayonnentautour du Père éternel, et les anges déclins qui seperdent dans les ténèbres visibles de l’abîme, estadmirablement exprimé; et l’archange chargé d’exé-cuter sur ces derniers le décret de la justice divine,est conçu d’après le double caractère que doiventlui imprimer sa nature et sa mission.
La descente de Jésus-Christ dans les limbes étaitun autre sujet qui semblait devoir se prêterai! mêmegenre de prestige (i); mais Beccafumi ne réussitqu’à produire une œuvre repoussante et scandaleuse,repoussante par ia vulgarité du personnage princi-pal, scandaleuse par l’introduction d’un portraitde femme nue de la famille Piccolomini, portraitqu’il reproduisit plus tard, dans le même état denudité, dans une de ses fresques du Dôme de Pise;car c’étaient surtout des peintures à fresque qu’onvoulait de lui. On lui en demandait à Pise, on lui endemandait à Gênes, on lui en demandait dans sapatrie, pour les confréries, pour les hôpitaux, pourla cathédrale, pour le palais public et pour les pa-lais particuliers.
Quand on est en présence des œuvres qui exci-tèrent cet enthousiasme si contagieux, on ne saitplus ce qu’il faut penser des contemporains de l’ar-tiste et de ses patrons. Quel charme pouvait avoirpour eux, dans l’oratoire de la confrérie de Saint-
( I) Ce tableau se trouve dans l’église des Franciscains.