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ne sépara jamais cesdeux qualités l’une de l’autre ;car il peignit les combats auxquels il avait assistécomme porte-enseigne, et, quand il rentrait duchamp de bataille dans son atelier, il ne reprenaitson pinceau que pour se livrer à son goût exclusifpour les peintures politiques, comme des commé-morations de victoire, ou des gonfalons pour lesfêtes civiles, ou des étendards pour les capitainesde justice, ou des pennons pour lès trompettes, oudes bannières pour les compagnies armées. Ce futlui qui, en 1488, eut l’honneur de peindre l’éten-dard de la liberté, et ce fut encore lui qui, quaranteans plus tard, fut chargé de le restaurer. La quan-tité de payements qui lui furent faits pour des tra-vaux de ce genre, est vraiment incroyable. Il fallaitqu’il fût doué d’une verve toute spéciale pour ré-veiller, à l’aide d’une image ou d’un emblème, lessentiments exaltés dont se nourrissait le patriotismesiennois. Aussi, quand il fallut marcher, en 1626,contre les troupes de Clément VII, s’adressa-t-onà lui pour peindre l’étendard de la Vierge , cpii reçuten quelque sorte une double consécration de la vic-toire de Camullia, l’une des plus glorieuses que larépublique eût remportées depuis celle de Montea-perti. Non-seulement l’artiste dont nous parlons ypaya de sa personne, comme porte-enseigne du quar-tier de Salicotto, mais il eut la jouissance, biendouce pour un artiste patriote, de peindre le tableaudestiné à perpétuer le souvenir de ce mémorableévénement. Ce tableau, qu’on peut voir encore au-