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l’art chrétien.
que ceux de la Madonna délia Nece, sont traités demanière à prouver que l’artiste prenait son œuvreau sérieux, comme il la prenait toujours quand ils’agissait de satisfaire, de réveiller ou d alimenter ladévotion populaire ; or, la corporation des boulan-gers lui avait demandé, dans un accès de ferveur,cette image de sainte Barbe, avec ses dépendances,sans oublier le manteau de brocard et la sainte Ca-therine allemande (Santa Caterina tedesca) (i) quidevait faire pendant à sainte Marie-Madeleine; et cettepeinture, avec tous ses accessoires, c’est-à-dire avecl’adoration des mages et les miniatures du gradin ,devait être placée, avant la fin du huitième mois,sur l’autel consacré à la sainte (2).
Ce tableau, achevé en 1479 et placé, pour la date,entre la Madonna délia Neve et le massacre desInnocents (1482), prouve que l’artiste savait au be-soin chercher des inspirations ailleurs que dans lecuite du naturalisme, et que les progrès techniquesn’étaient pas toujours, à ses yeux, le but suprêmede l’art. Il était difficile qu’avec sa grande sciencede dessinateur, il ne se laissât pas quelquefois entraî-
(1) Sainte Catherine d’Alexandrie est ainsi appelée pour la dis-tinguer de sainte Catherine de Sienne. Il est vrai que tous ceux quifigurent dans ce contrat, témoins, cautions, etc., sont Allemands, cequi explique l’invasion des gravures allemandes dans l’école Sien-noise.
(2) Depuis que ce tableau a changé de place, les miniatures dugradin ont disparu, et l'adoration des mages en a été détachée pourêtre placée au-dessus d’un tableau de Benvenuto di Giovanni, dansla même chapelle.