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l’art chrétien.
tombeau qu’on voit dans l’église de Saint-Martin, etqui est un des produits les plus merveilleux du ci-seau de l’artiste (i). Il en résulta une interruption,volontaire ou forcée, de quatre années, après les-quelles, reprenant son œuvre sur une plus grandeéchelle, il put enfin satisfaire, en iZji9, l’impatiencepublique qu’il avait mise à une assez longue épreuve.Jamais les Siennois n’avaient encore vu tant degrâce et tant de vie dans le marbre. On admiraitsurtout les deux bas-reliefs représentant la créationd’Adam et l’expulsion des deux époux du paradisterrestre, et, avant que cette tâche fût terminée, onlui en assignait une autre d’avance dans le baptis-tère, où l’on voulait qu’il sculptât deux comparti-ments sur les fonts baptismaux. Ce fut à grand’peinequ’il parvint à en sculpter un seul, celui qui re-présente la vocation de saint Joachim ; encore nefut-ce qu’après un laps de treize années, c’est-à-direen i43o, quand déjà il commençait à sentir le poidsdes engagements qu’il avait contractés à Bologne.
Ces engagements , auxquels il voulait resterfidèle, rendaient ses concitoyens jaloux, et leur ja-lousie dégénérait souvent en persécution. On lenommait prieur pour le contraindre à la résidence,puis, quand le recteur de l’œuvre du Dôme vint à
(1 ) Ce tombeau, dont on a transporté quelques fragments dans lagalerie des Uffizj, était celui de la femme de Paolo Guinigi. Il y aun autre bel ouvrage de Jacopo à Lucques, dans l’église de San-l'rediano; c’est un bas-relief représentant la Vierge avec l’Enfant-Jésus.