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l’art chrétien.
faut ajouter que quand Michel-Auge, à peine âgé devingt ans, chercha un refuge à Pologne contre lacatastrophe dont étaient menacés les JVlédicis ( i 4 q4),le séjour assez long qu’il y fit lui permit d’étudierà loisir les sculptures de Jacopo délia Quercia, et lefruit de cette étude se retrouva plus tard dans lescompositions bibliques de la chapelle Sixtine.
L’artiste siennois avait à décorer la porte du mi-lieu, qui est aussi son ouvrage, de bas-reliefs dontles sujets devaient être empruntés, dans une pro-portion fort inégale, à l’Ancien et au Nouveau Testa-ment. Jamais aucun sculpteur n’avait encore si bientraduit les premiers chapitres de la Genèse, et l’oncomprend que Michel-Ange se soit inspiré de cettetraduction. La création d’Adam et Eve, leur chuteet leur expulsion du paradis terrestre, pourraientêtre considérés comme autant de chefs-d’œuvre, si,dans ces divers compartiments, les figures drapéesétaient traitées avec autant de goût que les figuresnues. Celle d’Eve, si naïve et si gracieuse^ au mo-ment où elle naît à la vie, peut être regardée commeune des productions les plus exquises de la sculpturechrétienne au moyen âge, et, si le Père éternel n étaitpas surchargé de si lourdes draperies , le groupedont il fait partie offrirait tous les genres de perfec-tion dont le sujet était susceptible ; il y a de la no-blesse dans l’action du Créateur et de la majestédans ses traits, et ces deux qualités se retrouvent,au même degré, dans la création d’Adam, dont labeauté, non moins merveilleuse dans le second