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l’art chrétien.
plus fervents clans leur foi esthétique, ceux quicroyaient le plus fermement à des rapports mysté-rieux entre l’art et le ciel, c’étaient ceux-là mêmequi demandaient au pinceau d Ugolino, commes’il avait eu des inspirations surnaturelles, desimages devant lesquelles ils pussent se prosternerdans leurs moments d’extase. On sait que ce futlui qui peignit sur un pilier- d’Or-San-Micliele, en1292, cette fameuse Madone miraculeuse qui excitatant d’enthousiasme et de dévotion parmi les Flo-rentins, et qui, après avoir été 1 objet d un cultecpii ne connut pas de décadence, disparut, on nesait comment, pour faire place à celle qu’on y vé-nère aujourd’hui, et qui doit la célébrité dont ellejouit, moins à la piété populaire, qu’au merveil-leux tabernacle sculpté par Orcagna.
Ce n’est donc pas là qu’il faut chercher un pro-duit du pinceau mystique d’Ugolino. Ce n’est pasnon plus à Santa-Maria-Novella, d’où son tableaud’autel a disparu depuis longtemps, sans qu’on aitmême songé à en suivre la trace. Heureusement ona mieux suivi celle du tableau qui décorait le maî-tre-autel de l’église de Santa-Croce, et les fragmentsqui ont échappé au vandalisme de ses indignes pos-sesseurs, sont assez bien conservés pour qu’on puisseapprécier, dans une certaine mesure, les titres surlesquels reposait l’immense réputation d’Ugolinoparmi ses contemporains (1).
(1) Les fragments, vendus par les moines au commencement do