Il
L ART CHRETIEN.
une expiation incessante par l’immolation de victimeshumaines ; aux Persans le dogme de l’antagonismetoujours renaissant entre les deux principes qui sedisputent l’empire du monde et celui des consciences;aux Égyptiens le dogme de l’immortalité en vue desrécompenses et des châtiments après la mort; auxGrecs enfin le dogme de la double dégradation del’homme, par suite de sa chute, dégradation de sonâme et dégradation de son corps, comme si cette raceprivilégiée n’avait entendu distinctement , à travers lebruit des siècles, que ces paroles de la Genèse : Dieucréa l’homme à son image. Et ce n’est pas de les avoirentendues, ni même de les avoir entendues mieux queles autres, qui constitue le privilège des Grecs; c’estde s’être donné instinctivement la mission de réhabili-ter la créature humaine, tant dans ses facultés quedans ses formes, c’est en un mot d’avoir introduit dansle monde la notion de l’idéal. Un autre peuple, encoreplus privilégié, le peuple Juif, avait été institué en vuedu culte du vrai, tandis que la race Hellénique étaitinstituée en vue du culte du beau.
On comprend d’avance que la perfection de ses œu-vres dut être en raison composée de ses progrès tech-niques et de sa fidélité à sa vocation transcendentaîe.Des essais plus ou moins informes représentèrent lesdieux et les déesses, avant que le goût et la piété trou-vassent une satisfaction égale dans ces sortes de repré-sentations ; mais le but vers lequel on tendait était dis-tinctement aperçu, comme le prouvent certaines légen-