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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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LIVRE XVI, CHAP. XXII. I ^7

prince qui ait plus souffert que lui des mur-mures, de Finsolence et de la revolte de sestroupes toujours mal payces.

Depuis ce lemps, la monarcliie dEspagnedeclina saus cesse. Cest quil y avoit un viceinterieur et physique dans la nature de ses ri-chesses qui les rendoit vaines; et ce vice aug-menla tous les jours.

Lor et Fargent sont une richesse de ficlionou de signe: ces signes sont tres durables etse detruisent peu, comme il convient ä lcur na-ture. Plus ils se multiplient, plus ils perdentde leur prix, parcequils representent moinsde choses.

Lors de la conquete du Mexique et du Peroü,les Espagnols abandonnerent les ricliesses na-turelles pour avoir des ricliesses de signe quisavilissoient par elles-niemes. Lor et Fargenteloient tres rares en.Europe; et lEspagne,mail resse tout ä coup dune tres grande quan-tite de ces mctaux, concut des esperancesquelle navoit jamais eues. Les ricliesses queFon trouva dans les pays conquis nctoientpourtant pas ])roj)ortionnees ä celles de leursmines. Les Indiens en cacherent une parlie; etde plus, ces peuples,qui ne faisoient servirlor et Fargent quä la magnificence des tem-ples des dieux et des palais des rois, ne les cher-clioient pas avec la meine avarice que nous;enlin ils navoient pas le secret de tirer les n»e-taux de toules les mines, mais seulement decelles dans lesquelles la Separation se fait parle

I'.ÜLK. DES T.OIS. 3. n