LIVRE XVI, CHAP. XXII. I ^7
prince qui ait plus souffert que lui des mur-mures, de Finsolence et de la revolte de sestroupes toujours mal payces.
Depuis ce lemps, la monarcliie d’Espagnedeclina saus cesse. C’est qu’il y avoit un viceinterieur et physique dans la nature de ses ri-chesses qui les rendoit vaines; et ce vice aug-menla tous les jours.
L’or et Fargent sont une richesse de ficlionou de signe: ces signes sont tres durables etse detruisent peu, comme il convient ä lcur na-ture. Plus ils se multiplient, plus ils perdentde leur prix, parcequ’ils representent moinsde choses.
Lors de la conquete du Mexique et du Peroü,les Espagnols abandonnerent les ricliesses na-turelles pour avoir des ricliesses de signe quis’avilissoient par elles-niemes. L’or et Fargent■eloient tres rares en.Europe; et l’Espagne,mail resse tout ä coup d’une tres grande quan-tite de ces mctaux, concut des esperancesqu’elle n’avoit jamais eues. Les ricliesses queFon trouva dans les pays conquis n’ctoientpourtant pas ])roj)ortionnees ä celles de leursmines. Les Indiens en cacherent une parlie; etde plus, ces peuples,qui ne faisoient servirl’or et Fargent qu’ä la magnificence des tem-ples des dieux et des palais des rois, ne les cher-clioient pas avec la meine avarice que nous;enlin ils n’avoient pas le secret de tirer les n»e-taux de toules les mines, mais seulement decelles dans lesquelles la Separation se fait parle
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