i34 de i’esprit des lois.
Le desavantage des colonies qui perdcnt Ialiberte du commerceest visibiement compensepar la protection de la metropole (i), qui ladefend par ses armes, ou la mainlient par seslois.
De lä suit une troisieme loi de l’Europe, que,quand le commerce etranger est dtifendu avecla colonie, on ne peut naviguer dans ses mersque dans les cas etablis par les trailes.
Les nations, qui sont a l’cgard de tont l’uni-vors ce que les particuliers sont dans un elat,se gouvernent comme eux par le droit naturelet par les lois quVlles se sont faites. Un peuplepeut ceder a un autre la mer, comme il peuteeder la terre. Les Carlliaginois exigerent ( 2 )des Romains qu’ilsne navigueroient pas au-de-la de certaines limites, comme les Grecsavoientexige du roi de Perse qu’il se tiendroit tou-jours eioigne des cötes de la mer (3) de la car-riere d’un clieval.
L’extreme eloignement de nos colonies n’estpoint un ineonvenient pour leur sürete; cax’,si ia meiropole est eloignee pour les detendre,les nations rivales de la metropole ne sollt pasjnoins eloignecs pour les conquerir.
De plus, cet. elorgnement fait que cfflix qui
(1) Metropole est, dans le langage des anciens Tl’etat qui a fonde la colonie.—(2) Polybe, Iiv. III.—('!) Le roi de Perse s’olligea, par un fraite, de nenavigner avec aucuu vais'seau de guerre an-delä desIloclres Se.yauees et des irr]es' Cbclidöniemies. Pint.,■Vie de Cimon.