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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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IOI

LIVRE XXI, C1IIP, XXI.

On trouva lAsie et lAfrique, dont 011 ne con-noisssoit rjue quelques bords, et lAmerique,dont on ne connoissoit rien du tout.

Les Portugals, naviguantsurlOcean Atlan-tique, decouvrirenl la pointe la plus meridio-nale de lAfrique : ils vlrent une vaste iner; eileles porta aux Indes orientales. Leurs perils surcette mer el la decouverle de Mozambique, deMelindeet de Calicut, ont ete chantcs par leCamoens, dont le poeme fait sentir quelquecliose des cbarmes de lOdyssee et de la ma-gnifieence de lEneide.

Les Veniliens avoient fait jusque- le com-merce des Indes par les pays des Turcs, et la-voient poursuivi au milieu des avanies et desoutrages. Par la decouverte du cap de Bonne-Esperance et celle quon fit quelque tempsapres, lItalie ne fut plus au centre du mondecommercant; eile fut pour ainsi dire dans uncoin de lunivers, et eile y est encore. Le com-merce meine du Levant dependan t auj ourdbuide celui que les grandes nations font aux deuxIndes, lItalie ne le fait plus quaccessoirement.

Les Portugais trafiquerent aux Indes eneonquerants : les lois genantes (i) que les Hol-landais imposent aujourdhui aux pelits prin-ees indiens sur le commerce, les Portugais lesavoient etablies avant eux.

La forlune de la maison dAutriche fut pro-

(i) Vovez la relalion de l'rancois lvvaid, part. II,ch. XV.