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DE l’ ESPRIT DES LOTS.
Strabon , qui rend raison de FignoranceoüTon etoit des pays qui sont entre FHVpanis etle Gange , dit que, parmi les navigateurs quivont dei’Egypte aux Indes,ilyenapeuquiail-lent jusqu’au Gange. Eff'ectivement on voitque les flottes n’y alloient pas; «dies alloient.,par les moussons de l’ouesl' ä Fest., de l’embou-chure de la mer Rouge a la cöte de Malabar.Elles s’arretoient dans les etapes cpiiy eloient,et n’alloient point faire le tour de lapresqu’isledeca. le Gange par le cap de Comorin et la cötede Coromandel: le plan de la naxigation desrois d’Egypte et des Romains etoit de revenirla meine annee (i).
Ainsi il s’en faut bien «que le commerce desGrecs et des Romains aux Indes ait ete aussietendu que le nötre ; nous qui connoissonsdes pays immenses qu’ils ne. connoissoient pas;nous qui faisons notre commerce avec toutesles nations indiennes , et qui commercons me-ine pour elles, et naxiguons pour eiles.
Mais ils faisoient ce commerce avcc plus defacilite que nous; et, si Fon ne m'-gocioit au-jourd’hui que sur la cöte de Guzarat et duMalabar , et que , sans aller chercher les islesdu midi, on se contentät des marchandisesque les insulaires viendroient apporter, il fau-droit preferer la route de FEgypte ä celle dncap de Bonne-Esperance. Strabon dit (2) que
(1) Pline , liv. VI, cli. XXIII.—(2) Liv. XV.