j)8 DE l’f.SPRIT DES LOIS.
l’on evität par-lä le detour de certaines cotes ,et que l’on profi tat de certains vents. Endn, lesmarchands prirent une troisi.eme route : ils serendoient a Canes ou ä Ocelis , ports situes al’embouchure de la Hier Rouge , d’oü par unvpntd’ouest, on arrivoit a Muziris , preiniereelapedes Indes, et de lä a d’autres ports.
On voit qu’au lieu d’aller de rembouchurede la mer Rouge jusqu’ä Siagre, en remontantla cote de l’Arabie lieureuse au nord-est, onalla directement de l’ouest a Test, d’un cote äl’autre , par le moyen des moussons , dont ondecouv'rit les changements en naviguant dansres parages. Les anciens ne quitterent les cotesque quandils se servirent des moussons (i) etdes vents alises, qui etolent une espece deboussole pour eux.
Pline (2) dit qu’on parloit pour les Indes aumilieu de I’ete, et qu’on en revenoit vers la finde decembre et au commencement de janvier.Ceci est entierement conforme aux journauxdenosnavigateurs. Dans cette partie de la merdes Indes qui est entre la presqu’isle d’Afric[uect ceJle de decäle Gange , il y a deux mous-sons : la preiniere, pendant laquelle les ventsvont de l’ouest ä Fest, commence au moisd’aout et de septembre; la dcuxieme, pendantlaquelle les vents vont de Fest ä l’ouest, com-mence en janvier. Ainsinouspartonsd’Afrique
(1) Les moussons soufflent une partie de l’anneed’uu cöte, et une partie de l’annee de l’autre, et lesvents alises soufflent du meine cote toute l’anncc.—(2) Liv. VI, cli. X.X 1 II.