LIVRE XXI, CHAP. VI. 7g
dehors: eile jouissoit d’un terrain fertile etd’une extreme abondance. C’etoit le Japon deces temps-lä: eile se suffisoit ä elle-meme.
Les Egyptiens furent si peu jaloux du com-merce du dehors, qu’ils laisserent celui de lamer Rouge ä toutes les petiles nations qui yeurent quelque port. Ils souffrirent que lesIdumeens, les Juifs et les Syriens, y eussentdes flottes. Salomon (i) employa ä cette navi-gation desTyriens qui connoissoient cesmers.
Joseph ( 2 ) dit que sa nation, uniquemenboccupee de l’agriculture, connoissoit peu lamer; aussi ne f’ut-ce que par occasion que lesJuifs negocierent dans la mer Rouge. Ils con-quirent sur les Idumeens Elath et Asiongaber,qui leur donnerent ce commerce: ils perdirentces deuxvilles, etperdirentce commerce aussi.
11 n’en fut pas de meme des Phenieiens; ilsne faisoient pas un commerce de luxe; ils nenegocioient point par la conquete; leur fruga-lite, leur habilete, leur industrie, leurs perils,leurs fatigues, les rendoient necessaires ä tou-tes les nations du monde.
Les nations voisines de la mer Rouge ne ne-gocioient que dans cette mer et celle d’Afrique.L etonnement de Funivers ä la decouverte dela mer des Indes , faite sous Alexandre, leprouve assez. Nous avons (3) dit qu’on porte
(1) Liv. III des Rois , c]i:ip. IX; Paralip. liv. II,cliap. VIII,—(2) Contre Appion.—( 3 ) Au chapitrepreuiier de ce livre.