LIVRE XX, CH AP. XXIII. 69
immense a faire pour les liabils; Ies grands,qui aimrnt toujours le luxe et cpii ne le pour-roient trrruver que dans leur pays, encoura-geroient les pauvres au travail. Je dis que cettenation seroit plus florissanle , ä inoins qu’ellene dcvint barbare; cliose que les lois pour-roient prevenir.
Considerons ä present le Japon. La quantiteexeessive de ce qu’il peut reeevoir produit laquantite exeessive de ce qu’il peut envoyer :les choses seront en equiiibre comme si Lim—portation et l’exportation etoient moderees;et d’ailleurs cette espece d’enllure produira al etal mille avantages: il y aura plus de eonsom-niation, plus de clioses sur lescpielles les artspeuvent s’exercer, plus d’liommes employes,plus de moyens d’aequerir de la puissance : ilpeut arriver des cas oü l’on ait besoin d’unsecours prompt qu’un etat si plein ]>eut donner])lutot qu’un autre. Il est diffieile fju’un paysn'ait des clioses superflues ; mais c’est la na-ture du commerce de rendre les clioses super-flues utiles , et les utiles necessaires. L’etatpourra donc donner les clioses necessaires aun plus grand nombre de sujets.
Disons donc que ce ne sont point les nationsqui 11’ont besoin de rien qui perdent ä faire lecommerce; ce sont celles qui ont besoin detout. Ce ne sont point les peuples qui se suffi-sent ä eux-memes , mais ceux qui n’ont riencliez eux, qui trouvent de l’avantage a ne tra-fiquer avec personne.
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