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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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68 de lesprit des lois.

pourra rien acquerir; il vaudroif, bien mieuxquil neüt de commerce avec aucune nationdu monde : cest le commerce qui, dans lescirconstances il se trouvoit, la conduit ä lapauvrete.

Un pays qui envoie toujours moins de mar-chandises ou de denrees quil nen recoit, semel Iui-meme en equilibre en sappauvrissant:il recevra toujours moins, jusqua ce que, dansune pauvrete extreme, il ne reeoive plus rien.

Dans les pays de commerce, Fargent quisest tout a coup evanoui revient, parcequeles etats qui lont recu le doivent : dans lesetats dont. nous parlons, Iargent ne revientjamais , parceque ceux qui lont pris ne doi-vent rien.

La Pologne servina ici dexemple. Elle napresque aucune des clioses que nous appelonsles effets mobiliers de Funivers, si ce nest lebled de ses terres. Quelques seigneurs posse-dent des provinces entieres ; ils pressent lelaboureur pour avoir une plus grande quan-tite de bled quils puissent envoyer aux etrari-gers, et se procurer les choses que demandeleur luxe. Si la Pologne ne commercoit avecaucune nation, ses peuples seroient plus lieu-veux. Ses grands, qui nauroient que leur bled,le donneroient ä leurs paysans pour vivre; detrop grands domaines leur seroient a Charge,iis les partageroient ä leurs paysans : tout lemonde trouvant des peaux ou des laines dansses troupeaux, il ny auroit plus une depense