LIVRE XX, CHAP. IV. 5l
rüpubliques que nous connoissons soient en-tierement privees du commerce «Je luxe; maisil a moins de rapport ä leur Constitution.
Quant ä l’etatdespotique, il est inutile d’enparier. Regle generale : dans une nation quiest dans la servitude, on travaille plus ä con-scrver qu’ä acquerir; dans une nation libre,on travaille plus ä acquerir qu’ä gonserver.
CHAPITRE V.
Des pcuples qui ontfait le commerce d’economie.
M arseille, retraite necessaire au milieud’une mer orageuse; Marseille, ce lieuoü tousles vents, les bancs de la mer, la disposidondes cötes, ordonnen t de touchfer, fut frequenteepar les gens de mer. La sterilite(i) de son ter-ritoire determina ses citoyens au commerced economie. 11 fallut qu’ils fussent laborieux,pour suppleer ä la nature qui se refusoit; qu’ilsfussent justes, pour vivre parmi les nationsbarbares qui devoient faire leur prosperite;qu’ils fussent moderes, pour que leur gouver-nement fut toujours tranquille; enfin qu’ils eus-sent des mceurs frugales, pour qu’ils pussenttoujours vivre d’un commerce qu’ils conser-veroient plus surement lorsqu’il seroit moinsavantageux.
On a vu par-tout la violence et la vexationdonner naissance au commerce d’economie,
(i) Justin, liv. XLIII, chap. III.j