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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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LIVRE XX, CHAP. IV. /,()

ordinairement fonde sur le luxe; et, quoiquille soit aussi sur les besoins reels, son objetprincipal est de procurer a la nation qui le falltout ce qui peut servir ä son orgueil, ä ses de-lices et ä ses fantaises. Dans le gouvernementde plusieurs, il est plus souvent fonde sur le-conomie. Les negociants, ayanl: lneil sur toutesles nations de la terre, portent a lune ce quilstirent de lautre. Cest ainsi que les republiquesde Tyr, de Cartliage, dAthenes, de Marseille,de Florence, de Yenise et de Hollande, ont faitle commerce.

Cette espece de trafic regarde le gouverne-ment de plusieurs par sa nalure, et le monar-cliique par occasion; rar, comme il nest fondeque Sur la pratique de gagner peu, et memede gagner moins quaucune autre nation, etde ne se dedommager quen gagnant conti-nuelleinent, il nest guere possible quil puisseetre fait par un peuple chez.qui le luxe est eta-bli, qui depense beaucoup, et qui ne voit quede grands objets.

Cest dans ces idees que Ciceron (i) disoit sibien: « Je naime point quun meme peuple« soit en meme temps le dominateur et le fac-« teur de Funivers. » Kn eilet, il faudroit sup-poser que chaque particulier dans cet etal, ettout letat meme, eussenl toujours la tete pleine

(t) Nolo eumdem populum irnperatorein et porti-torem esse terrarum.