LIVRE XX, CHAP. IV. /,()
ordinairement fonde sur le luxe; et, quoiqu’ille soit aussi sur les besoins reels, son objetprincipal est de procurer a la nation qui le falltout ce qui peut servir ä son orgueil, ä ses de-lices et ä ses fantaises. Dans le gouvernementde plusieurs, il est plus souvent fonde sur l’e-conomie. Les negociants, ayanl: l’neil sur toutesles nations de la terre, portent a l’une ce qu’ilstirent de l’autre. C’est ainsi que les republiquesde Tyr, de Cartliage, d’Athenes, de Marseille,de Florence, de Yenise et de Hollande, ont faitle commerce.
Cette espece de trafic regarde le gouverne-ment de plusieurs par sa nalure, et le monar-cliique par occasion; rar, comme il n’est fondeque Sur la pratique de gagner peu, et memede gagner moins qu’aucune autre nation, etde ne se dedommager qu’en gagnant conti-nuelleinent, il n’est guere possible qu’il puisseetre fait par un peuple chez.qui le luxe est eta-bli, qui depense beaucoup, et qui ne voit quede grands objets.
C’est dans ces idees que Ciceron (i) disoit sibien: « Je n’aime point qu’un meme peuple« soit en meme temps le dominateur et le fac-« teur de Funivers. » Kn eilet, il faudroit sup-poser que chaque particulier dans cet etal, ettout l’etat meme, eussenl toujours la tete pleine
(t) Nolo eumdem populum irnperatorein et porti-torem esse terrarum.