/|6 DF, l’eSPRIT DES I.OIS.
ture de cel: ouvrage ne le perniet pas. Je vou-drois couler sur une riviere t.ranquilie, je suisentraine par un torrent.
Le commerce guerit des prejuges destruc-teurs; et c’est presque une regle generale, quepar-tout oü il y a des nrCeurs donces il y a ducommerce, et que par-tout oü il y a dir'-com-merce ii y a des mceurs douces.
Qu’on ne s’etonne donc point si nos mceurssollt moins feroces qu’elles ne l’etoienl autre-fois. Le commerce a fait que la connoissancedes mceurs de toutes les nations a penetrepar-tout: on les a Companies entre elles, et il ena resulte de grands biens.
On peut dire que les lois du commerce per-fectionnent les mceurs , par la meine raisonque ces meines.lois perdent les mceurs. Le com-merce corrompt les mceurs pures (i); c’etoitle sujet des plaintes de Platon: ilpolit et adou-cit les mceurs barbares, comme nous le voyonstous les jours.
CHAPITRE II.
‘ De l’esprit de commerce.
L’e f f e t naturel du commerce est de portera la paix. Deux nations qui negocient ensem-
(i) Cesar dit des Ganloisque le voisinageel le com-merce de Marseille les avoit gates de iacon qu’eux,qui autrefois avoieut toujours vaincu les Germains,leur eloient devenuß inferieurs. Guerre des Gaules,liv. VI.