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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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44 DE le SPRIT DES T.OIS.

Dans une nation libre, il est tres sonventindifferent (|ne les particuliers raisonnent bienou mal; il sullit quils raisonnent: de la sortla liberte, qui garantit des effets de cesmemesraisonnements.

De meine, dans un gouvernement despoti-qne , il est egalement pernicienx quon rai-sonne bien ou mal.; il suffit quon raisonnepour que le principe du gouvernemenl soitclioque.

Bien des gens quinese soucieroient de plaireä personne sabandonneroient a leur bumenr;la plupart, avee de lesprit, seroient tourmen-les par lenr esprit meine : dans le dedain ou ledegoiit de toutes clioses, ils seroient mallieu-reux avec tant de sujets de ne letre pas.

Aucuii eitoyen ne craignant aucun eitoyen,cetle nation seroit fiere; car ia Berte des roisnesl fondee que sur leur independance.

Les nalions libres sont sujierbes; les autrespeilvenl plus aisement etre \aines.

Mais ces liommes si fiers, vivant beaucoupavec eux-memes, se trouveroient sonvent aumilieu de gens inconnus: ils seroient timides,et Fon verroil en eux la plupart du temps unmeiange bizarre demauvaise honte et de (ierte.

Le caractere de la nation jiaroilroit sur-toutdans leurs ouvrages desprit 'dans lesquels 011verroil des gens recueillis, et quiauroientpen-se tout seuls.

La societe nous apprend a sentir les ridi-cules; la retraite nous rend plus pi'opres ä sen-