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Dans une nation libre, il est tres sonventindifferent (|ne les particuliers raisonnent bienou mal; il sullit qu’ils raisonnent: de la sortla liberte, qui garantit des effets de cesmemesraisonnements.
De meine, dans un gouvernement despoti-qne , il est egalement pernicienx qu’on rai-sonne bien ou mal.; il suffit qu’on raisonnepour que le principe du gouvernemenl soitclioque.
Bien des gens quinese soucieroient de plaireä personne s’abandonneroient a leur bumenr;la plupart, avee de l’esprit, seroient tourmen-les par lenr esprit meine : dans le dedain ou ledegoiit de toutes clioses, ils seroient mallieu-reux avec tant de sujets de ne l’etre pas.
Aucuii eitoyen ne craignant aucun eitoyen,cetle nation seroit fiere; car ia Berte des roisn’esl fondee que sur leur independance.
Les nalions libres sont sujierbes; les autrespeilvenl plus aisement etre \aines.
Mais ces liommes si fiers, vivant beaucoupavec eux-memes, se trouveroient sonvent aumilieu de gens inconnus: ils seroient timides,et Fon verroil en eux la plupart du temps unmeiange bizarre demauvaise honte et de (ierte.
Le caractere de la nation jiaroilroit sur-toutdans leurs ouvrages d’esprit 'dans lesquels 011■verroil des gens recueillis, et quiauroientpen-se tout seuls.
La societe nous apprend a sentir les ridi-cules; la retraite nous rend plus pi'opres ä sen-