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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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42 BE liSPHIT BES LOIS.

tion fondamentale, seroient plus fixes quail-leürs: mais, dun autre cote, les grands, dansce pays de libertü, sapprocheroient plus dupeuple; les rangs seroient donc plus separes,et les personnes plus confondues.

Ceux qui gouvement, avant une puissancequi se remonte pour ainsi dire et se refait tousles jours, auroient plus degards pour ceuxqui leur sont utiles que pour ceux qui les di-vertissent: ainsi on y verroit peu de courti-sans, de flatteurs, de complaisants, enlin detoutes ces sortes de gens qui font payer auxgrands le vide meine de leur esprit.

On ny estimeroit guere les liommes par destalents ou des altributs frivoles, mais par desqualites reelles; et de ce genre il ny en a quedeux, les ricbcsses, et le inerite personnel.

II y auroit un luxe solide, fonde, non pas surle raffinement de la vanite, mais sur celui desbesoins reels; et l'on ne cherclieroit guere dansles choses que les plaisirs que la nature y a mis.

Onyjouiroit dun grand superflu, et cepen-dant les cboses frivoles y seroient proscrites :ainsi plusieurs ayant plus de bien que docca-sions de depense, lemploieroient dune ma-niere bizarre; et dans cette nation ily auroitplus desprit que de gout.

Gomme on seroit toujours occupe de ses in-tfrets, on nauroit point cette politesse qui estfondee sur loisivete, et reellement on nen au-roit pas le lemps.

Lepoque de la politesse des Romains est la