LIVRE XIII, CHAP. XVI. 155
tous les inconvenients d’une l.bertd qu’ils n’a-voient plus, av ec toutes les horreurs d’une ser-vitude presente.
CIIAPITRE XVII.
De l’augmentation des tronpes.
U n e maladienouvelle s’estrepandueen Eu-rope ; ellea.saisi nos princes, et leur fait en-tretenir un nombre desordonne de troupes.Elle a ses redcublements, et eile devient nd-cessairement contagieuse; car sitöt qu’un etataugmentece qu’il appelle ses troupes, les au-tres soudain augnicntent les leurs; de faeonqu’on ne gagne rien par-lä que la ruine com-mune. Chaque monarque tient sur pled toutesles armees qu’il pourroit avoir si ses peuplesetoient en danger d etre extermines ; et onnomine paix cet etat(i\l’efforts de tous contretous. Aussi l’Europe est-elle si ruinee, que lesparticuliers qui seroient dans la Situation oüsont les trois puissances de cette partie dumonde les plus opulentes n’auroient pas dequoi vivre. Wons sommes pauvres avec les ri-cliesses et le commerce de tout l’univers ; etbien tot,ä force d’avoir aessoldats,nous n’au-rons plus que des soldats, et nous serons com-me des Tartares (2}.
(1) II est vrai que c’est cet etat d’effort qui main-tieut principalement l equi 1 ilire , parcequ’il ereinteles grandcs puissances. — (2) il ue faut pour celaque faire valoir la nouvelle iuvention des luilices