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[2.] De l'Esprit Des Lois 2 (1803)
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144 DE rüSPRIT DES LOIS.

dre disproportion sera de la plus grande con-

scquence.

Que quelques citoyens ne paient pas assez,le mal nest pas graiul; leur aisance revienttoujours au public: que quelques ])arlicullerspaient trop, lein - rulne se tourne contre le pu-Jjlie. Si Fetal proportionne sa fortune a celledes particuliers, laisance des particuliers fcrabientot monter sa fortune. Tout depend dumoracnt: letat: commencera-t-il par appauvrirles §ujets pour senrichir? ou attendra-t-il quedes sujels a leur aise Fenricliissent ? Aura-t-ille premier avantage ou le second? Commen-cera-l-il par etre riebe, ou finira-t-il par letre?

L-\s droits sur les marcliandises sont ceuxque les peuples sentent le moins, pareequonne leur fait pas une demande formelle. Ils]>euvent etre si sagemenl menages, que le ]>eu-ple ignorera presque quil les paie. ,Pour cela,il est dune grande conseqiience que ce soitcelui qui vend la marchandise qui paie le droit.II sait bien quil ne paie pas pour lut; et laclie-teur, qui dans le fond le paie, le confond avecle prix. Quelques auteurs ont dit que Neronavoit ote le droit du vingt-cinquieme des es-claves qui se vendoient (i); il navoit pöur-tant fait quordonner que ce seroit le vcndeur

(t) Vectigal qnintET. et vicesiniae venalium mnnci-piorum retnissuin specie magis quam vi ; quia eümvenditorpenderc juberetur, in partein pretii etnpto-ribus accrescebat. Tacite, Anuales, liv. Mit.