I.IVRE XIII, CIIAP. r. i3g
Ce n’est point ä ce que le peuple peut don-ner qu’il faut mesnrer les revenus publics,mais ä ce qu’il doit donner; et si on les mesureä ce qu’il peut donner, il faut que ce soit dunioins a ce qu’il peut toujours donner.
CHAPITRE II.
Que c’est mal raisonner de dire que la grandeur destributs soit bonne par elle-meme.
On a vu, dans de cei’taines monarcliies, quedepetils pays exempts de tributs etoient aussimiserables que les lieux qui tout autour enetoient aecables. La principale raison en estque !e petit etat entoure ne peut avoir d’in-dustrie, d’arts, ni de manufactures, parce-qu’a cet egard il est gene de mille manierespar le grand etat dans lequel il est enclave.Le grandetat qui l’entoure a l’industrie, lesmanufactures, et les arts ; ct il fait des regle-ments qui lui en procurent tous les ävantages.Le petit etatdevientdonc necessairement pau-vre, quelque peu d’impöts qu’on y leve.
On a pourtant conclu de la pauvrete de cespetits pays que, pour que le peuple fut indus-trieux, il falloit des cltarges pesantes. On au-roit mieux fait d’en conclure qu’il n’en fautpas. Ce sont Ions les miserables des environsqui se retirent dans ces lieux-la pour ne rienfaire: deja decourages par l’aecablement dutravail, ils font consister toute leur felicitedans leur paresse.