LIVRE XI, CHAP. XVI. 79
oü Iss patriciens ( 1 ) n’eurent point de pari äla puissance legislative (»), oii ils furent sou-mis ä la puissance legislative d’un autre corpsde l’etat : ce fut un delire de la iiberte. Lepeuple,]iour etabiir la democratie, eltoquaJesprincipes intimes de la democratie. II sembloitqu’une puissance aussi exorbitante auroitdiianeanlir l autorite du Senat: mais Romeavoitde^ institutions admirables. Elle en avoit deuxsur-tout: par l'une , la puissance legislativedu peuple etoit reglee ; par l’autre , eile etoitbornee.
Les censeurs , et avant eux les consuls (3),formoient et creoient, pour ainsidire, tous lescinq ans le corps du peuple ; ils exercoient laldgislation sur le corps meine qui avoit la puis-sance legislative. « Tiberius Gracchus, cen-«senr, dit Ciceron, transfera les affranchis« dans les tribus de la ville, non par la force deci son eloqucnce , mais par une parole et par
(i) Par les lois sacrees, les plebeieus pnrent fairedes plebisciles, seuls, et sans tpie les patriciens fus-sent adtnis dans leur assemblee. Denys d’Halicar-nasse , liv. VI, p. 410 : et liv. VII, p. /| 3 o.—(2) Par• la loi faite apres l’expnlsion des deceinvirs, les pa-triciens furent soumis aux plebiscites, quniqu’ilsn’enssent puydonner leur voix. Tite-Live, liv. III;et Denys d’Halicarnasse, liv. XI, p. 72a. Et celte loifut cor.lirmee p;ir eelle de Publius Philo, dictatcur,Pan de Home 416. Tite-Live, liv. VIII.—( 3 ) L’an3 r2 de Rome , les consuls faisoieut eucore le eens ,comme il paroit par Denys dTialicarnasse, liv. XI.