LIVRE XI, CHAP. VI. 47
srrncc de juger, ilpeut detruire ehaque citoyenpar ses volontes particulieres.
Toute la puissance y est une; et, quoiqu’iln’y ait point de pompe exterieure qui decou-vre un prince despotique, on le seilt ä ehaqueinstant.
Aussi les princes qui ont voulu se rendredespotiques ont-ils toujours commence parreunir en leur personne toutes les magistra-lures, et plusieurs rois d’Europe toutes lesgrandes charges de leur »5tat.
Je crois bien que la pure aristocratie here-ditaire des republiques d’l talie ne repond pasprecisement au despotisine de FAsie. La mul-tilude des magistrats adoucit quelquefois lamagistrature ; tous les nobles ne coneourentpas toujours aux meraes desseins; on y formedivers tribunaux qui se temperent. Ainsi, äYenise, le grand-conseil a la legislation , lepregadi Fexecution, les quaranties le pouvoirde juger. Mais le mal est que ces tribunauxdifferents sont formes par des magistrats dumeine corps; ce qui ne fait guere qu’une meinepliissanre.
Jja puissance de juger ne doit pas etre don-nee ä un senat permanent, mais exercee pardes personnes tirees du corps du peuple (i)dans certains temps de l’annee, de la maniereprescrite par la loi, pour former un tribunal
(i) Comme ä Athenes.