4^ DE l’ESPRIT DES DO IS.
la monarcliie(i).Enfin cüacun aappcl elibertele gouvernement cjui eloil conforme ä ses cou-tumes ou ä ses incliaations: et comme dansime republique on n’a pas toujours devant lesyeux et d’unc maniere si presente les instru-ments des maux dont on se plaint, et quemeine les lois paroisscnt y parier plus , et lesexecut eurs de la lol y parier moins; on la placeordinairement dans les republiques, et onl’aexclue des monarcliies: enfin, comme dans lesdemocraties Ie peuple paroit a peu pres fairece qu’il veut, on a mis la über le dans ces sortesde gouvernements, et on a confondu le pou-voir du peuple avec la liberte du peuple.
CHAPITRE III.
Ce que c’est que la liberte.
I l est vrai que dans les democraties le peupleparoit faire ce qu’il veut; mais la liberte poli-tique ne consiste point ä faire ce que Fon veut.Dans un etat, c’est-ä-dire dans une.societe oiiil y a des lois, la liberte ne peut consister qu’apouvoir faire ce que l’on doit vouloir, et an’etre point contraint de faire ce que l’on nedoit pas vouloir.
II faut se mettre dans l’esprit ce que c’estque l’independance , et ce que c’est que laliberte. La liberte est le droit de faire tout ce
(i) Les Cappadociens refuserenl l’etat republicainque Ieur offrirent les Romains.