34 DE l'ESPRIT DES L01S.
Le passago du Granique fit qu’Alexandrese rendit maitre des color.ies greeques: la ba-taiüc d’Issus lui donna Tyr et l’Egypte: la ba-laille d’Arbelles lui donna loute la terre.
Apres la bataille d’Issus, il laisse fuir Da-rius, eL ne s’oceupe qn’ä affermir et ä regierses eonquetes: apres la bataille d’Arbelles, ille suit de si pres (i) qu’il ne lui laisse aucuneretraite dans son. empire. Darius n’entre dänsses villes et dans ses provinces que pour en sor-tir: les marclies d’Alexandre sont si rapides,que vous croyezvoir l’empire de l’universplu-töl: le prix de la course, comme dans les jeuxde la Grece, que le prix de la victoire.
C’est ainsi qu’il fit ses eonquetes : voyonscomment il les conserva.
! 1 resista äceux qui vouloientqu’il traität(a)les Grecs comme maitres, et les Perses commeesclaves: il ne songea qu’a unirlesdeux na-tions, et ä faire perdre les distinctionsdupeu-ple conquerant et du peuple vaineu: il aban-donna apres la conquele tons les prejuges quilui avoient servi ä la faire: il prit les mocursdes Perses, pour ne pas desoier les Perses enlen r faisant prendre les moeurs des Grecs; c’estce (jui fit qu’il marqua tant de respect pour lafemme et pour la mere deDarius, et qu’il mon-tra tant de continence. Qu’est-ce que ce eon-
(i) Voyez Avrien, de exped. Alex., lib. IU.—(2) C’etoitle conseil d’Aristote. Plutarque, Oliuvresmorales, de la fortune d'Alcxa/ulte.