LITE! X, GHAP. XIII. 3l
coupoit les eaux (laus sa source pendant qu’onIes detournoit dans son cours.
Ce.ne fut point Pultawa qui perdit Charles:s’il n’avoit pas ete detruit dans ce lieu, il l’au-roit ete dans un autre. Les accidents de la for-tune se reparent aisement; on ne peut pas pa-rer a des evenements qui naissent continuel-lement de Ia nalure des choses.
Mais Ia nature ni la fortune ne furent jamaissi fortes contre lui que lui-meme.
II ne se regloi t point sur la disposition ac-tuelle des choses, mais sur un certain modelequ’il a voit pris; encore le suivoit-il trcs mal. IIn’eloit point Alexandre; mais il auroit ete lemeilleur soldat d’Alexandre.
Le projel d’Alexandre ne rüussit que parce-qu il etoit sense. Les mauvais succes des Per-ses dans les invasions qu’ils firenl de la Grece,les conquetes d’Agesilas, et la retraite des dixmille, avoient fait connoilre au juste la supe-riorite des Grecs dans leur maniere de com-baltre et dans ie genre de leurs armes; et Fonsavoit bien que les Perses etoient trop grandspour se corriger.
11s ne pouvoient plus affoiblir la Grece pardes divisiorts; eile etoit alors reunie sous unehef qui ne pouvoit avoir de meilleur moyenpour lui cacher sa servitude que de l’eblouirpar la destruction de ses ennemis eternels, etpar l’esperance de la conquele de l’Asie.
Un empire cultive par ja nation du mondela plus industrieuse, et qui tra vailloit les lerres